Il y’a deux mois, s’est donné un cours de « Formes Musicales » à l’IHECS (Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales) à des étudiants de deuxième année dans le cadre duquel, Michel Demeuldre professeur invité au sein de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales de l’Université Libre de Bruxelles a été convié en tant qu’intervenant. Un podcast de ce cours a été mis en ligne il y’a seulement quelques jours auquel nous nous devons de réagir.

Le début de son intervention, démontre une fois de plus la nécessité absolue de décoloniser les esprits au sein de notre société. En effet, à la question de savoir ce qui le motive à parler des musiques populaires auprès des jeunes, le professeur totalement hors sujet se perd dans une espèce de récit personnel teinté d’un sexisme et d’un racisme conscient ou inconscient patents :

Mr. Demeuldre commence d’abord son récit en s’essayant à une imitation grotesque et méprisante de ce qui semble être un « accent congolais », imitation qu’il fera une seconde fois au cours de l’interview. Le professeur évoque ensuite le souvenir de sa compagne rwandaise de l’époque qui selon lui « était Tutsi et donc avait une bonne éducation des pasteurs qui conduisent les vaches », ces propos d’apparence anodins ne sont pas sans rappeler les catégorisations ethniques et théories anthropologiques colonialistes.

Enfin, ce dernier, toujours hors sujet, s’arroge ensuite le droit d’aborder les performances sexuelles des femmes rwandaises et congolaises devant son auditoire en des termes embarrassants et essentialisants :

« Du côté rwandais (…) et ça je trouve que ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : la façon de faire jouir les femmes au Rwanda (…) vous devez titiller le clitoris, et pour que ça soit efficace, il faut bien TIRER … les jeunes filles se tirent les lèvres pour que ça soit bien proéminent et facile à faire ».

(Propos recueillis à partir de la 5ème minute : https://www.mixcloud.com/Formes_musicales_2017/timbres-et-sociomotricités_michel-demeuldre/)

La femme Noire ainsi que sa sexualité ont été chosifiées, faussement « théorisées » pendant des siècles, tant et si bien qu’encore aujourd’hui, les femmes afro-descendantes doivent faire face à des stéréotypes hérités de l’esclavage et de la colonisation encore bien présents dans l’inconscient collectif.

 

Pour ces raisons, le Collectif Mémoire Coloniale & Lutte Contre Les Discriminations, condamne avec fermeté les propos aussi malséants qu’humiliants envers les femmes afro-descendantes tenus par le professeur Demeuldre et attend de la part de l’Université Libre de Bruxelles et de l’IHECS, une prise de position claire et publique quant à cet incident qui par ailleurs, intervient après celui des directives sexistes données par le doyen de la Faculté de Médecine pour la proclamation des résultats d’examens.

La fermeté de notre position est d’autant plus renforcée qu’il s’agit ici de propos tenus par un membre d’un corps enseignant universitaire : la responsabilité de Monsieur Demeuldre n’en est donc que plus grande en tant que représentant de son établissement d’une part et en tant que fonctionnaire chargé d’une mission d’éducation d’autre part.

L’éducation, disait Nelson Mandela, est une arme puissante pour faire évoluer les mentalités, il est donc primordial que les établissements et leur personnel chargés de cette tâche prennent conscience de l’importance de la fonction qu’ils exercent et du rôle qu’ils ont à jouer dans la transformation positive des mentalités de notre société et l’amélioration du vivre-ensemble, et cela ne sera possible que par une décolonisation des pensées en premier lieu.

 

Pour le CMCLD,

 

Geneviève Kaninda & Leslie Makoso

Achaïso Ambali, Ablavi Adabunu, Durotimi Olawaiye, Tony Kokou Sampson, Kalvin Soiresse Njall

#JeNeSuisPasTaNégresse #ImNotYourSexToy