COMMUNIQUÉ

Résolution sur la question des métis-ses issus de la colonisation : le CMCLD félicite l’Association des Métis de Belgique, Assumani Budagwa et appelle l’État belge à respecter ses engagements.

Ce mardi 25 avril 2017, deux faits importants sont venus renforcer la volonté de toutes celles et de tous ceux qui considèrent que le travail de mémoire est un instrument nécessaire à la construction d’une citoyenneté et d’une cohésion sociale inclusives. En effet, un colloque scientifique organisé au Sénat a conclu à la nécessité d’adopter, au parlement fédéral (Chambre des représentants et Sénat) une résolution sur la question des Métis-ses victimes d’un système colonial destructeur en termes d’identité. Cette initiative fait suite à celle menée dans le même cadre par le Parlement francophone bruxellois. A cette occasion, l’Eglise catholique a reconnu sa part de responsabilité dans  l’enlèvement des Métis-ses à leurs mères et dans la manière dont elle a traités ces enfants dans ses ordres. Elle a par conséquent présenté ses excuses, ce dont le CMCLD se félicite.

Au CMCLD, nous avons toujours été convaincus que l’État belge et toutes les institutions qui ont participé au système colonial doivent assumer leur responsabilité en ce qui concerne tous les méfaits de ce système par essence violent. Le sort des métis-ses dont les droits en tant qu’Humains ont été niés et bafoués en fait partie.

Le CMCLD tient tout d’abord à saluer le travail acharné de l’Association des Métis de Belgique (AMB) et de M. Assumani Budagwa, Auteur du livre « Noirs-Blancs, Métis – La Belgique et la ségrégation des Métis du Congo belge et Ruanda-Urundi »[1] et dont les interpellations ont été décisives pour cette cause. C’est grâce à ce travail, qui constitue pour nous un exemple à suivre, que ces pas importants ont pu être accomplis.

Le CMCLD rappelle à l’opinion publique que cette courte avancée ne constitue qu’une première étape et appelle l’État belge à appliquer ses engagements ainsi que les demandes des ainé-e-s métis-ses, à savoir :

–  l’adoption effective de la résolution à la Chambre et au Sénat;

–  la mise à disposition rapide de toute la documentation des archives indispensable aux recherches des Métis-ses sur leur histoire ;

– la mise à disposition de moyens logistiques et financiers nécessaires à la quête de leur identité et de leurs racines africaines ;

– la réparation complète de tous les dommages causés.

Ce rappel est important, car l’expérience nous enseigne que, par le passé, des conservateurs au sein des partis politiques se sont toujours opposés, notamment lors des Assises de l’intercultarité tenues en 2010, à l’idée de mettre à la disposition des Métis-ses en Belgique, au Congo, au Rwanda et au Burundi, victimes de ce système colonial, les moyens nécessaires à leur reconstruction. Un refus motivé par l’argument selon lequel on devrait alors faire venir des Métis-ses d’Afrique pour qu’ils bénéficient des allocations sociales belges.

Le CMCLD, dans son soutien à la démarche des Métis-ses, restera vigilant et exercera comme toujours son rôle de veille et de pression citoyenne pour l’application des engagements et demandes ci-dessus mentionnés.

Enfin, le CMCLD demande que le travail de mémoire se poursuive  à une plus large échelle, et appelle les formations politiques présentes au parlement fédéral et qui ne l’ont pas encore signée, à emboiter le pas au PS, au SP.A et au PTB qui eux ont déjà signé la résolution sur l’implication de l’État et des institutions belges dans les méfaits du système colonial introduite par le groupe ECOLO-GROEN.

Pour le CMCLD,

Le Coordinateur,

Kalvin SOIRESSE NJALL