Le Comité de Pilotage du Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations
(CMCLD) dénonce avec la plus grande fermeté la plainte pénale introduite par le bourgmestre
socialiste de Lessines, Pascal De Hanschutter, contre le responsable de l’association Bruxelles
Panthères pour « menaces d’attentats terroristes ». En effet, lors du troisième week-end de
septembre 2018, l’association Bruxelles Panthères envoie un mail aux élus de Lessines pour
dénoncer le caractère raciste et négrophobe de comportements qui ont lieu durant le festival

intitulé « la sortie des Nègres » (sic) se déroulant sur le territoire de la commune de Deux-
Acren. Bruxelles Panthères demande l’annulation de l’événement. Ils affirment dans leur

courriel que : « dans le cas contraire, nous serons obligés de venir à Lessines nous-mêmes, afin
de sensibiliser les habitants et les participants des pratiques racistes du Blackface et en
particulier de « La sortie des Nègres » que nous tenterons de faire annuler par tous les moyens
nécessaires ».
C’est sur la base de cette phrase que le bourgmestre de Lessines porte plainte au pénal contre
M. Saïdi pour terroriste. Pour Malamine Fadiaba, responsable du CMCLD, cette plainte est un
scandale : « La plainte de M. Handschutter révèle le vrai visage des organisateurs de ce festival
aux relents racistes et colonialistes. Alors qu’il affirme lui-même qu’après avoir sollicité
l’OCAM, celle-ci n’a rien trouvé à redire, le bourgmestre a quand même porté plainte pour
terrorisme. Sur quelle base ? Tout simplement parce que M. Saïdi porte un nom d’origine
maghrébine ?! ». L’association Bruxelles Panthères a proposé de venir faire de la
sensibilisation et rencontrer les autorités politiques. Elle a reçu une réponse négative. Dans le
langage décolonial, « Par tous les moyens nécessaires » ne signifie nullement utiliser la
violence. « À aucun moment, Bruxelles Panthères n’a proféré de menace impliquant
l’utilisation de la violence. Les organisateurs de la « sortie des Nègres » qui eux-mêmes
reconnaissent qu’elle est liée à l’histoire coloniale et à sa propagande raciste utilisent cette
plainte pour intimider celles et ceux qui luttent contre le phénomène raciste du Blackface. »
affirment les responsables du CMCLD.
Dans un contexte où certaines parties de la population sont encore fortement influencées par
la propagande coloniale, la communication de Bruxelles Panthères peut être mal interprétée.
Au-delà de cette expression de communication qu’il n’aurait sans doute pas utilisée, le CMCLD
apporte soutien plein et entier à M. Saïdi et à Bruxelles Panthères dans le cadre de cette

plainte. « La liberté d’expression existe encore dans ce pays et nous avons le droit de dénoncer
des pratiques racistes dans des folklores et de demander leur arrêt. Il y a plus de 2 ans, notre
Collectif avait déjà initié une campagne contre le Blackface dans les universités et contre le
Zwarte Piet. Nous avions déjà reçu beaucoup de menaces et d’insultes. Mais nous assumons
cette lutte car nous estimons que ces traditions doivent évoluer et abandonner leurs oripeaux
racistes et négrophobes ». « Nous restons à la disposition des autorités politiques de Lessines
pour mener un débat calme et une réflexion sereine sur la thématique comme nous en avions
fait la demande en 2018 déjà. Nous appelons le Parti Socialiste à être cohérent et à prendre
ses responsabilités en la matière », conclue Pini-Pini Kentey Nsasay, autre membre du CMCLD.
Fait à Bruxelles,
Le 13 février 2020
Le Comité de Pilotage du CMCLD
Contact Presse : Moïse ESSOH – +32 474 96 77 27