Les archives coloniales belges gérées par le service des Archives africaines du SPF Affaires étrangères occupent une place décisive dans les travaux des historiens, belges et étrangers, qui travaillent sur la période coloniale belge et les pays africains concernés. Vous comprendrez donc leur inquiétude d’apprendre que le SPF Affaires étrangères serait sur le point de signer une convention cédant ces archives aux Archives générales du royaume. De notre point de vue, les chercheurs et le public intéressé à consulter les archives coloniales belges n’ont rien à gagner dans une telle opération, ni même les Affaires étrangères ou le budget de l’Etat.

Certes, le service des Archives africaines a longtemps eu la réputation d’interpréter de façon restrictive la condition dérogatoire qui permettait la consultation des archives publiques belges après 30 ans. Mais il y a déjà plusieurs années que cette réputation n’est plus de mise et nous pouvons témoigner de l’esprit d’ouverture du personnel du service envers ses lecteurs. Par ailleurs, selon la loi fixant la période de latence des archives à 50 ans, l’essentiel des pièces conservées aux Archives africaines est désormais consultable sous le régime de droit commun (depuis 2010 et 2012, puisque le Congo ex-belge est devenu indépendant en 1960, et le Rwanda et le Burundi en 1962). Un transfert aux AGR ne changerait donc rien au cadre légal qui régit aujourd’hui la consultation des archives coloniales.

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